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En arrachant un match nul en Espagne (1-1), l'équipe de France a déjoué les pronostics. L'opération comptable est bonne, mais c'est le contenu qui a marqué les esprits.

Entre le scepticisme né de ses dernières sorties et le calibre de son adversaire du soir, rien ne prédisposait l'équipe de France à réaliser une rencontre fédératrice. Ce fameux match-référence, aussi influent sur un projet de jeu que dans la psychologie d'un groupe... Cet Espagne-France y ressemble franchement, tant par son scénario que son contenu. Face à la meilleure nation mondiale, les Bleus ont réalisé une performance de choix, là où ils n'étaient même pas parvenus à justifier leur statut quatre jours plus tôt face au Japon. Inconstestablement, quelque chose s'est passé dans l'antre de Vicente Calderon, ce mardi. Le football n'est pas une science exacte, on ne basculera donc pas dans les conclusions hâtives. Mais le bilan, cette-fois, est plus qu'encourageant. Analyse.

Montée en puissance et coaching gagnant

En première période, la marge de manoeuvre était, comme prévu, bien étroite. Didier Deschamps avait le choix entre effectuer un pressing haut ou proposer un bloc bas et compact pour contrer la Roja. L'entame de match a laissé présager la deuxième option. Premières minutes et premier constat, malgré leurs difficultés dans les phases offensives, les Bleus ont démontré une réelle discipline collective. Du replacement régulier des trois attaquants à l'excellent travail de sape des deux lignes défensives, le bloc a bien coulissé. Les hommes de Del Bosque ont tout de suite imposé leur possession, mais la rigueur tactique des Français leur a considérablement réduit les espaces. Xavi et Iniesta ont beaucoup proposé, comme d'habitude, mais les deux Barcelonais n'ont pas trouvé autant d'angles de passes qu'à l'accoutumée. L'infatigable Jordi Alba, à nouveau très tranchant sur son côté gauche, fut l'Espagnol le plus menaçant. Mais il fallut une grosse faute de marquage sur corner pour voir Sergio Ramos débloquer la situation. Les lignes se sont ensuite étirées et l'Espagne a commencé à alterner ses phases de conservation avec des changements de rythme dangereux.

Les Bleus auraient pu sombrer au plus fort de cette domination locale. Mais comme cette rencontre avait décidémment tous les ingrédients du match salvateur, un tournant s'est produit juste avant la pause. En arrêtant un penalty de Fabregas suite à une faute de Koscielny sur Pedro, puis en effectuant un double arrêt dans la foulée, Lloris a maintenu les Bleus sous respiration artificielle. L'addition aurait pourtant été lourde - et certainement fatale - puisque Ménez, juste avant, s'était vu injustement refuser un but égalisateur sur un service de Benzema valable. Mais dès le retour des vestiaires, les dynamiques opposées des deux équipes se sont confirmées pour inverser progressivement le rapport de force. Cette montée en puissance trouve également son origine dans le coaching de Deschamps. En remplaçant Maxime Gonalons par Mathieu Valbuena, le sélectionneur a inversé la pointe du triangle pour offrir un lien entre les lignes. Et les Bleus ont joué. Plutôt intelligemment, et sans complexe.

Auteur d'un match de haut vol à la récupération, Blaise Matuidi s'est également illustré par ses relances précises. Sur une de ces ouvertures, Karim Benzema aurait d'ailleurs pu égaliser. Mais les Français ont su faire preuve de patience en continuant dans cette voie. Avec un circuit préférentiel, le côté gauche, Franck Ribéry martyrisant systématiquement Juanfran, entré à la place d'Arbeloa. Deschamps a alors confirmé ses bonnes inspirations en lançant Moussa Sissoko et Olivier Giroud. Le Toulousain a apporté son impact physique et son volume de jeu, tandis que l'attaquant d'Arsenal a délivré les Bleus en arrachant l'égalisation au bout du temps additionnel ! Après la rencontre, Didier Deschamps a souligné l'importance de ce dénouement pour "cimenter" son groupe et "donner de l'enthousiasme" autour. Et le sélectionneur ne croyait pas si bien dire, car le principal enseignement de cette performance, c'est que les Bleus ont peut-être posé le socle de leur projet de jeu. Enfin. Et si certains de leurs succès n'ont jamais eu la consistance pour les réconcilier avec le public, ce match nul a véritablement la saveur d'une victoire.

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