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L'équipe de France se déplace en Espagne, mardi, pour le choc des ces éliminatoires du Mondial 2014. Les Bleus ont-ils une chance de battre la Roja ?

C'est un paradoxe. Mais affronter la meilleure nation du monde est un défi qui s'inscrit dans un contexte favorable. De la nature de ce challenge aux répercussions qui s'en suivront, tous les éléments réunis placent l'équipe de France dans ce rôle si convenable d'outsider qui n'a rien à perdre. Mais outre ce symbole classique dans ce type de rapport de force, il y a forcément une formule à envisager pour espérer faire un résultat contre le Roja. Même si l'élimination des Bleus lors de l'Euro 2012 contre les hommes de Vincente Del Bosque est une piqûre de rappel inquétante. Tentatives d'explication.

Hitzfeld : "Coulisser à la perfection"

Durant l'hégémonie espagnole, plusieurs nations ont su tirer leur épingle du jeu. La Croatie - toute proche de se payer le luxe d'éliminer la Roja au premier tour du dernier championnat d'Europe - est le plus récent. Mais la référence reste la Suisse durant la dernière Coupe du monde. La Nati s'était imposée sur le plus petit des scores (1-0) lors du premier tour du Mondial. Le sélectionneur des Helvètes, Ottmar Hitzfeld, avait élaboré un cahier des charges bien précis. Objectif ? Resserer les lignes un maximum pour gêner l'expression collective des milieux espagnols. La méthode n'a rien d'innovant, elle est même fréquemment utilisée dans des configurations semblables, parfois avec succès, comme le prouve l'élimination du Barça contre Chelsea, lors de la dernière campagne de Ligue des Champions.

Mais un tel plan de jeu doit s'inscrire dans l'ADN d'une l'équipe. C'était le cas de la Nati, et encore plus des Blues, mais ce n'est pas forcément celui des Bleus. En effet, un bloc compact positionné extrêmement bas est un message envoyé aux Espagnols. La possession de balle leur est forcément destinée, mais le fait de voir l'adversaire accepter de subir cette domination renforce la problématique des coéquipiers de Xavi. Hittzfeld explique. "Il faut jouer assez bas, avec deux lignes de quatre resserées et un bloc compact parce que l'Espagne est une équipe qui peut vous transpercer très vite et très facilement avec ses redoublements de passe, ses décalages et ses dribbles dans les trente derniers mètres. Il faut donc impérativement lui laisser le moins d'espaces possible, l'empêcher de trouver les intervalles et de créer la supériorité numérique, fermer au maximum les angles de passe. Cela veut dire, par exemple doubler le marquage sur les côtés ou coulisser à la perfection pour occuper toujours bien chaque zone, notamment dans la largeur", conseillait le technicien dans les colonnes de France Football.

Un défi tactique et psychologique

L'aspect défensif, que l'on peut donc considérer comme le fil rouge du match, est bien évidemment primordial, mais l'utilisation du ballon doit être optimisée pour cette tactique basée sur l'attaque rapide. Hitzfeld toujours. "Sachant que l'Espagne joue haut, qu'elle est portée vers l'attaque et que ses deux latéraux sont très offensifs, elle laisse donc aussi des espaces derrière elle (...) On avait décidé aussi de jouer plus direct, plus long que d'habitude." Problème, l'équipe de France possède t-elle les joueurs idoines pour axer sa tactique sur ce plan ? Les Bleus disposent au moins de joueurs de duels défensivement, mais la dernière confrontation à l'Euro a mis en exergue leurs grosses difficultés dans les phases de contre-attaque. Franck Ribéry et Karim Benzema sont rapides avec le ballon, mais ils n'ont pas coutume de multiplier les appels en profondeur. Seul Jérémy Ménez le fait, de manière aléatoire... Et c'est sur le plan de la passe que les choses se compliquent. Les leaders techniques que sont Benzema et Ribéry sont des dynamiteurs de défense, capables de se distinguer sur des combinaisons dans les petits espaces ou des différences individuelles. Mais l'équipe de France ne possède pas réellement de régulateur pouvant donner le tempo en alternant jeu court et jeu long. Yohan Cabaye est le seul joueur de ce registre, là où son adversaire du jour en disposera autant sur le terrain que sur le banc...

Le dernier critère concerne l'aspect pyschologique. Durant l'Euro, la Roja a montré qu'elle disposait de plusieurs cordes à son arc, et le revers face à la Suisse est certainement à l'origine de ces changements de visage. Face aux blocs compacts, les Champions du monde et double-champion d'Europe ont pris l'habitude de faire preuve de patience, montrant ainsi leur efficacité dans les deux zones de vérité. Une nouveauté, certes beaucoup moins séduisante, mais tout aussi redoutable à aborder puisque dans ce cas de figure, la possession de la Roja devient une arme défensive. Toutefois, on peut noter que le calme apparent des Espagnols n'était peut-être qu'une facade de circonstance, puisque les hommes de Del Bosque auraient pu s'incliner si les attaquants croates avaient transformé leurs (rares) opportunités. L'efficacité dans les deux surfaces sera donc une des clés du match. Logique si l'on admet que la bataille de l'entrejeu est perdue d'avance face au meilleur milieu de la planète. Le caractère ponctuel de ce défi renforce sa difficulté. Mais les Bleus sont au pied du mur. Et si la mission est ardue, elle n'est pas impossible puisqu'Ottmar Hitzfeld, qui a passé l'examen avec succès, estimait les chances de son équipe à 2% contre 30% désormais pour les Bleus. Parole de spécialiste.

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