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Au lendemain du revers de l'équipe de France face à la Suède (2-0), Laurent Blanc n'a esquivé aucun sujet en conférence de presse.

Le lendemain d'une désillusion aussi inattendue que ce revers net face à la Suède (2-0), Laurent Blanc n'était pas d'humeur à plaisanter. Mais le sélectionneur de l'équipe de France est revenu, point par point, sur les raisons de cette déroute, avec l'objectif de rapidement tourner la page pour se projeter sur le match de l'Espagne. Avec lucidité et détermination.

Laurent Blanc, aviez-vous vu venir cette défaite ?

Laurent Blanc : On ressent certaines choses la veille d'un match dans la vie d'un groupe. La veille, durant l'entraînement, on a ressenti un petit relâchement. Avec un recadrage, la réaction est bonne des fois. Ca n'a pas été le cas. Mais on ne va pas expliquer notre match qu'à travers ce relâchement.


Comment allez-vous aborder ce match contre l'Espagne ?

Ce matin, j'ai regardé Espagne - Italie et Croatie - Espagne, ils ont posé des problèmes à cette équipe. Ils ont eu des occasions. Y en a une qui a préféré défendre et l'autre qui a tenté de jouer son jeu. J'espère que l'équipe de France choisira la deuxième solution.

Le fait de retrouver Donetsk est-il un avantage ?

On est bien loin de tout ça, on a choisi l'Ukraine car c'était pratique. On se réjouit des conditions de travail que l'on a. On a joué deux fois à Donetsk, notre quart aussi. Quand je vois notre voyage chaotique du jour, avec la chaleur... Je me dis qu'on est très heureux de notre séjour en Ukraine.

Regrettez-vous d'avoir aligné Philippe Mexès, qui sera suspendu pour les quarts ?

Le responsable, c'est surtout lui (Mexès) car quand on a un carton, j'ai l'expérience de cela, on y pense. Mais on aurait pu gérer la situation si on était qualifié. On l'aurait protégé, comme Debuchy. Mais comme la qualification n'était pas assurée, j'ai préféré mettre la charnière habituelle. C'était évitable en raison de la zone où ça se passe. Je préfère défendre en avançant mais il était vraiment avancé. L'arbitre ne s'est pas trompé. Il aurait pu le prendre sur un autre geste, défensif, près de la surface, ç'aurait été moins regrettable pour lui. Et pour nous.

Quel est le niveau de cette équipe de France ?
 
On ne connait pas les limites de cette équipe. On a vu une équipe de Suède qui nous a dominé dans à peu près tous les domaines : athlétiques, technique, mental. Le meilleur joueur de l'équipe de France a été Hugo. On a montré des limites mais trois jours avant on avait montré du jeu et été enthousiaste. Les matches ne se ressemblent pas. Tant mieux sinon on aura du mal à contrer cette équipe espagnole.

L'attaque était en panne d'inspiration...

Dans le domaine offensif, hier, si on doit couper l'équipe, on s'est procuré certaines situations. On aurait pu mieux les jouer mais la Suède a fait preuve d'une défense très rugueuse. Karim aimerait marquer un but mais il n'a pas réussi. C'est peut-être un problème d'équipe mais je pense qu'il n'a pas la réussite avec lui.

Laurent Koscielny peut-il être une satisfaction dans un secteur en difficulté ?

Dans le domaine offensif, hier, si on doit couper l'équipe, on s'est procuré certaines situations. On aurait pu mieux les jouer mais la Suède a fait preuve d'une défense très rugueuse. Karim aimerait marquer un but mais il n'a pas réussi. C'est peut-être un problème d'équipe mais il je pense qu'il n'a pas la réussite avec lui.

Quels sont les ressorts pour battre cette équipe d'Espagne ?

Les ressorts (pour battre l'Espagne) sont ceux que l'on doit trouver pour mettre l'équipe de France dans les meilleures conditions. Hier, ça a été une sale soirée. Pour les joueurs, pour vous, pour les spectateurs. On ne faisait pas ce qu'il fallait faire pour gagner ce match là. Il va falloir se présenter face à l'Espagne en étant convaincu qu'on a les moyens de battre cette équipe espagnole. Si tu joues sur la possession de balle, et qu'on l'a plus qu'eux, ce sera un exploit. Dans ce domaine, ils sont très très forts. Les quelques opportunités que l'on aura, il faudra les jouer à fond.

La défaite était inévitable au vue de la prestation d'hier...

Le score est de 2-0, le deuxième but n'est pas anecdotique mais on l'a pris sur une maladresse mais aussi parce que l'on a cherché à égaliser. Si Olivier égalise avant, on fait 1-1, c'est le meilleur score qu'on peut espérer.

L'Espagne, c'est une source d'inspiration pour votre identité de jeu ?

C'est un football qui me plait (l'Espagne). S'il y en a à qui cela ne plait pas, ils doivent être très rares. Il est plaisant et efficace. Ils ont une base de joueurs qui se connaissent très bien et ont des garanties dans le jeu. Oui, il faudrait se tourner vers ça mais on n'y est pas encore. Loin de là.

Quelle est l'évolution de la blessure de Blaise Matuidi ?

Blaise s'est blessé au Touquet, un claquage à l'autre cuisse. Ca allait beaucoup mieux, il s'est reblessé avant-hier. C'est un concours de circonstance. Je pense qu'il sera peut-être apte pour le quart de finale mais ce n'est pas certain. Ca peut poser un problème, c'est une solution de moins pour l'équipe.




Les joueurs n'ont ils pas cherché la solution individuelle trop souvent ?

Il faudrait trouver des joueurs qui jouent plus simplement, qui jouent de manière espagnole. Il faut jouer dans les intervalles, les arrières dédoublent. Ils le font les yeux fermés. C'est de l'intelligence de jeu, c'est une qualité de plus en plus rare dans le football. Si on avait ça, ce serait mieux que des joueurs qui sont capables d'exploits individuels.

Pourquoi les supporters n'ont -ils pas été salués hier ?

Si on n'a pas salué les supporters, on aurait dû le faire.

Avec la suspension de Mexès, regrettez-vous de n'avoir que 3 solutions en défense centrale ?

Ce sont des choix et les circonstances font que s'il y a un problème, on fera reculer quelqu'un. Il y a beaucoup de sélections qui sont parties avec trois centraux. La situation et le jaune de Philippe Mexès m'agacent un peu. C'est fait.

Y'a t-il eu des tensions après le match ?

Ça existe toujours ça. Et souvent quand il y a une défaite. Avec une victoire, on accepte plus les choses et on est joyeux. Oui, ça a été chaud hier. Mais on a pris une bonne douche froide, même s'il n'y avait pas la cryothérapie.

Vous avez vraiment senti ce relâchement ?

La Suède était à prendre en considération. On a senti un relâchement. Ca se passe, on recadre, il y a une réaction positive. Tous les joueurs n'ont pas eu le sentiment que les joueurs n'avaient pas tout donné. On a peut-être pensé qu'on avait gagné ce match...

La jeunesse du groupe explique t-elle cela ?

Je ne sais pas si c'est le propre d'un groupe jeune, des joueurs ne sont pas si jeunes que ça. Ce n'est pas tout le temps l'entraineur ou le staff qui doivent dire les choses, entre eux ils doivent le faire. Le match est passé, il faut maintenant rebondir. Il faut se préparer dans les meilleures conditions maintenant.

Allez-vous faire de nombreux changements ?

Comme vous l'avez constaté hier, l'équipe n'avait pas été bouleversée. Deux changements, l'un pour protéger Cabaye et ses adducteurs. L'autre, le remplacement de Jérémy par Hatem. Contre l'Espagne, il va falloir être capable d'accepter de courir, énormément courir pour bloquer les espaces, même s'ils vont les trouver. Avec le ballon, il faudra trouver de la profondeur et aller vite.

Quel sentiment domine au moment d'aborder cette rencontre ?

Contre l'Espagne, si vous n'avez pas de coeur, j'ai regardé les Croates qui ont joué avec leurs qualités, ils ont eu une solidarité incroyable et ils ont eu une opportunité. Mais ils ont joué jusqu'à la mort jusqu'à la 90e. L'Italie a joué son propre jeu et a fait preuve de solidarité. Face à l'Espagne, si vous pensez que vous allez être supérieure à elle...

Pourquoi Mathieu Valbuena n'a t-il pas été titularisé ?

Jérémy et Hatem sont plus des joueurs de percussion. Les principaux changements sont sur ce côté droit car on a une équipe à tendance gauche. Tout le monde veut y aller.

Est-ce que vous vous dites que vous n'avez rien à perdre ?

Quand tu n'as pas fait ce que tu voulais faire, tu dis "c'est un mal pour un bien". On pouvait gagner ce match là hier pour se qualifier et terminer premier. Sans faire injure à personne, il y avait peut-être plus à jouer contre l'Italie. Mais c'est l'Espagne...
 


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