Edf - La qualification est-elle méritée ?

Inquiétante face à la Suède (0-2), l'équipe de France a replongé dans le doute. Mais les Bleus sont qualifiés pour les quarts de finale, grâce à un scénario plus que favorable...
Les relations tumultueuses entre Français et Anglais font partie intégrante de l'histoire du football. Mais le scénario de ce premier tour de l'Euro 2012 aura certainement atténué cette vieille rivalité. Sans un succès de l'équipe des Three Lions face à l'Ukraine (1-0), l'équipe de France aurait été obligé de faire ses bagages prématurément. Outre la fin d'une série d'invincibilité - 23 matches sans défaite -  qui commençait à peser, cette désillusion fait plus que désordre. Elle symbolise le coup d'arrêt d'une équipe en plein renouveau, balayant d'un revers de main tous les motifs d'espoirs qui s'étaient accumulés au fil des victoires. C'est en tout cas la désagréable impression qui reste dans les esprits des spectateurs, comme des observateurs. Mais Laurent Blanc et ses hommes ne s'attardent pas sur l'opinion publique. Sans nier cette vérité d'un soir, le sélectionneur et les joueurs ont préféré dressé le bilan global de ce premier tour en retenant l'essentiel, la qualification. Méritée ou pas ? C'est un autre débat.



Blanc : "On aurait signé tout de suite pour passer ce premier tour"

Laurent Blanc n'est pas du genre à esquiver les sujets fâcheux. En conférence de presse, le sélectionneur s'est avant tout attardé sur le jeu, comme à son habitude, et ses insuffisances dans tous les compartiments. Ce qui ne l'a pas empêché de prendre de la hauteur pour glisser ce petit constat. "Si on nous avait dit il y a deux ans que cette équipe irait à l'Euro et qu'elle passerait le premier tour, on aurait signé tout de suite." Il convient de le rappeler, et Laurent Blanc a raison de le faire. Lorsqu'il est arrivé il y a 2 ans, l'ancien coach des Girondins de Bordeaux s'est attelé à reconstruire un projet sur un champ de ruines.

Il serait donc réducteur de se focaliser sur cette piètre prestation face aux Suédois. N'oublions pas que les Bleus avaient également tout fait à l'envers lors du match retour contre la Bosnie, décisif pour la qualification, en obtenant un nul heureux sur un penalty de Samir Nasri (1-1). Décompression lors d'un ballottage favorable ou inhibition à l'approche du jour J ? Les deux thèses sont envisageables. Mais Laurent Blanc n'a toujours pas trouvé la réponse à cette problématique.



4 jours plus tôt, ses Bleus avaient en effet présenté un visage radicalement opposé. Le contexte n'était pourtant pas meilleur. Il était même pire, entre l'hostilité d'un public acquis au pays hôte et l'arrêt de la rencontre en plein orage. Les excuses étaient toutes trouvées. Mais les Bleus ont rempli leur mission avec brio, sans trembler. Tout le contraire de cette dernière rencontre face à la Suède. Cette équipe de France est décidément paradoxale. Avec 4 points en 3 matches, l'homogéneité d'un groupe extrêmement serré aura été le critère bénéfique à l'heure des bilans.

La France possède le plus petit total de points acquis lors du premier tour parmi les cadors encore présents. C'est en réalité le minimum syndical que l'on puisse envisager pour une qualification. Pour un bilan semblable, la Russie est passée à la trappe dans le groupe A, tout comme la Croatie dans le groupe C... Ce scénario est donc aussi rare que favorable. De quoi remobiliser les troupes ou engendrer une perte de confiance ? Les Bleus seront fixés face à l'ogre espagnol, dès samedi, pour un choc qu'ils aborderont dans une position d'outsider. Le costume qui leur va le mieux, indéniablement.

Pensez-vous que la qualification de l'équipe de France est méritée ? Votre avis nous intéresse, à vos claviers !

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