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Touché à la cheville, Yoann Gourcuff sera le grand absent du choc entre Lyon et la Juventus. Un nouveau coup dur pour le meneur de jeu lyonnais.



GOALAUTEUR : Jean-Charles DANREE     Suivez-le sur twitter
Le foot a toujours eu ses ovnis. Certains alimentent le folklore d’un personnage pour incarner une fascinante folie. Mais lorsque d’autres représentants de cette catégorie d’incompris se contentent simplement d’être différents, sans avoir le désir de cultiver leur singularité, on ne parle plus de personnage, mais bien de personnalité. Celle de Yoann Gourcuff interpelle. Dans la conformité d’un milieu dicté par ses normes, le Breton cherche encore sa place, et cette quête s’assimile aujourd’hui à l’histoire de sa carrière.

À vingt-sept printemps, l’international Français devrait surfer sur la vague de la maturité, il a atteint l’âge doré du footballeur, mais il n’a toujours pas trouvé la stabilité nécessaire à l’expression de son talent. Son image est tancée, en France, souvent, et de l’autre côté des Alpes, aussi, après un passage mitigé dans les rangs du grand Milan. Ce jeudi, à l’occasion du choc des Quarts de finale aller de Ligue Europa entre l’OL et la Juventus, le milieu lyonnais aurait pu recroiser la route d’une puissante écurie transalpine, mais il ne sera pas au rendez-vous, suite à une entorse à la cheville contractée lors du derby contre Saint-Etienne (1-2). Une énième occasion manquée. Il avait pourtant une réponse à donner. Une de plus. L'Italie ne l'avait pas oublié...

Il faut ressasser le passé du garçon pour évaluer son rapport avec la Serie A. Gourcuff avait vingt ans lorsqu’il a posé ses valises à Milan, son arrivée en Lombardie était destinée à parfaire sa formation dans le moule d’une puissante institution. Un plan bien ficelé après ses premiers faits d’arme à Rennes. Le milieu offensif est resté deux ans chez les Rossoneri avant de débuter son aventure bordelaise en prêt lors de la dernière année de son contrat. Dans les faits, sportivement, cette expérience fut un apprentissage pour le Breton, il a fait 53 apparitions et inscrit 3 buts sous le maillot milanais tout en se plongeant dans l’atmosphère quotidienne d’un grand club européen.

GOURCUFF VU D'ITALIE
par Federico Casotti | Goal Italie

En Italie, Yoann Gourcuff est passé comme une météorite, car il est arrivé dans la mauvaise équipe, au mauvais moment et avec le mauvais état d'esprit. Le mauvaise équipe parce que le Milan, à cette époque, était une équipe très forte, qui n'avait pas besoin de Gourcuff pour atteindre ses objectifs, tout comme l'équipe n'avait pas besoin de Dhorasoo qui a lui aussi été peu utilisé. Au mauvais moment car ce Milan, comme toute la Série A, n'était pas le championnat où on faisait confiance aux jeunes joueurs. Enfin, avec le mauvais état d'esprit, car il suffit de relire les déclarations de Maldini pour comprendre que Gourcuff n'a rien fait pour s'intégrer alors qu'il était le jeune qui avait tout à prouver.

Finalement, en dehors de son passage à Bordeaux, Gourcuff a montré partout le même visage, et pas seulement à Milan. L'analyse est que son manque de personnalité et de caractère a probablement été un grand frein dans sa carrière.

Mais c’est sur ce plan, justement, que le couac est apparu. Presque trois ans après son départ, Paolo Maldini, légende vivante du club, s’était lâché en remettant publiquement en cause le professionnalisme du Français. Dans cette sortie fracassante, l’élégant retraité avait pointé du doigt le comportement du milieu offensif, dénonçant des retards aux entraînements et un manque d’investissement dans le groupe. Ses propos ont été confirmés à demi-mot par Gennaro Gattuso, à l’été 2012, qui avait fustigé, à son tour, l’attitude du Français, tout en soulignant son potentiel. Christian Gourcuff, de son côté, avait volé au secours de son fils en dénonçant un "jeu d’influence" terrible dans un vestiaire "politique"…

À cette occasion, l’emblématique technicien s’était attardé sur le tempérament de son protégé, expliquant que le jeune homme possédait "une autre structure culturelle" et "d’autres intérêts intellectuels". Une définition de sa personnalité, encore, et une réponse à cette impression laissée à Milanello. Aujourd'hui, le Breton n'a plus l'image de ce sale gosse dépeint par les dinosaures milanais, mais on lui repproche encore ses fameux échauffements en marge du groupe lyonnais.

Le jeu pour oublier le je

Depuis cette époque milanaise, Gourcuff a grandi. Très rapidement, à Bordeaux, peut-être trop. Son expérience à Lyon ressemble à un long tunnel, mais il a prouvé en début d’année que ses prouesses bordelaises n’étaient pas le leurre de la décennie. Son image reste une antinomie basée sur une multitude de contradictions. Elle reflète l’isolement d’un joueur pourtant élevé dans le dogme du collectif, un drôle de paradoxe, là aussi. Sa faculté à se fondre dans une équipe, sur le terrain, n’est plus à démontrer, là où sa capacité à s’imprégner d’une vie de groupe, en dehors, alimente encore les débats...

Encore une fois, le rectangle vert parlera, lorsque son corps le lui permettra. Au mois de janvier, sa montée en puissance a coïncidé avec les prestations collectives les plus abouties de l’OL. Sa connivence technique avec Clément Grenier a fluidifié l’animation offensive des hommes de Rémi Garde. Le métronome a exploré plusieurs rôles, voltigeant d’un poste de milieu offensif gauche à une position plus reculée dans laquelle il a fait preuve d’activité à la récupération. Son positionnement peut varier, pas son langage footballistique. Sa faculté à imprimer le rythme d’un match en régulant le jeu d’une équipe est précieuse. Et ce renouveau est mesurable à quelques signes de confiance qui ont tendance à accompagner le garçon dans ses bonnes périodes. L’audace affichée dans ses frappes lointaines, par exemple, si propice à quelques buts spectaculaires, est un rappel aux doux souvenirs du meneur de jeu irrésistible qu’il était pendant sa période girondine.

La Ligue Europa reste une perche à saisir pour l’international Français. Cet objectif non avoué du club lyonnais est un vrai lot de consolation. Sa date de retour n'a pas été déterminée, mais sa présence à Turin contre le champion d’Italie aurait une saveur de Ligue des champions. Ce serait l'occasion d'incarner le visage d’une épopée, en cas d'exploit. Pour ne pas rester l’homme d’un contrat, déjà. Pour ne pas personnifier l’exemple d’une star déchue épiée dans ses moindres gestes et décriée pour sa fragilité. Et pour prouver, une fois pour toutes, qu’il peut allier différence et performance.

Final
FC Dnipro Dnipropetrovsk Dnipro
v
Sevilla FC Sevilla
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