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Le FC Barcelone a composté son billet pour les quarts de finale de la Ligue des Champions en étrillant le Milan AC (4-0). Les doutes sont levés.

La tension d'une atmosphère électrique est un fait assez rare pour être signalé au Camp Nou. Battu 2-0 à San Siro, le Barça était au pied du mur. Tito Vilanova toujours absent, Jordi Roura avait la responsabilité du match le plus important de la saison, pour le moment. Ses joueurs, eux, ont fait monter la température, à l'image de Piqué, qui tacla son propre public en conférence de presse. Ce surcroît d'agressivité n'était-il pas l'ingrédient nécessaire, finalement, pour que le Barça retrouve son rythme de croisière ? Analyse.

Milan n'a jamais pu respirer

Le visage affiché hier soir par les Blaugrana était l'exacte opposition de la prestation terne et sans saveur réalisée en Lombardie quelques semaines plus tôt. La disposition tactique l'était également. Premier élément, la (re)composition du trio Busquets-Xavi-Iniesta au milieu. Lorsque le dernier nommé rejoint ses deux compères dans l'entrejeu, le club catalan devient irrésistible dans le pressing, sa première force. Iniesta a d'ailleurs sorti un match de haut vol, tant par son volume de jeu que par sa créativité. Et à ses côtés, Xavi, moins émoussé qu'à l'aller, a donné le tempo avec la précision technique qui le caractérise. Busquets a également rendu une excellente copie à la récupération, tout en brillant dans la relance. Milan avait d'ores et déjà perdu la bataille du milieu avec ce trio à son niveau, et on ne sait pas réellement si les hommes d'Allegri ont cherché à la remporter...

Car la tactique des Rossoneri, plutôt basique, aurait pu porter ses fruits si le jeune M'Baye Niang n'avait pas trouvé le poteau en première période. Il restait beaucoup de temps, et la domination catalane était tellement étouffante qu'il serait exagéré d'affirmer que cette opportunité manquée est le tournant du match. Bien-sûr, Chelsea ou l'Inter l'ont fait avant eux, en défendant très bas, et en terminant à chaque fois sur le toit de l'Europe. Mais si les hommes d'Allegri avait opté pour la même formule que les Blues et les Nerazzurri, ils n'avaient peut-être pas les mêmes ingrédients, en terme d'expérience, de discipline collective, et de force offensive dans les contre-attaques. Même avec une marge de manoeuvre aussi étroite sur le plan comptable, ce Barça-là avait une telle classe d'écart dans tous les compartiments du jeu qu'il était difficile, voire impossible pour les Milanais, de ne pas rentrer avec une addition salée. La possession de balle a toujours été présente pour les Blaugrana, y compris lors des sorties décevantes de ces dernières semaines, mais elle s'est ajoutée à ces changements de rythme incessants pour multiplier les vagues, cette faculté à alterner les phases de préparation avec la verticalité de ces fameuses "passes-couteaux" qui poussent l'adversaire à la faute.

Il n'y avait donc pas vraiment de match collectivement. La touche individuelle du meilleur joueur du monde a fait le reste. Positionné en véritable électron libre avec la présence de Villa, Leo Messi a fait exploser le Camp Nou sur son premier tir de la rencontre. Le quadruple Ballon d'Or a ensuite remis les compteurs à égalité sur cette double-confrontation, d'une nouvelle frappe sur mesure dont il a le secret. Le débat sur l'influence du génial Argentin est toujours présent. Son rôle plus libre, et surtout l'incroyable maîtrise collective de son équipe lui ont permis de se mettre dans les conditions optimales. Le talent a fait le reste, puisque ses deux buts sont de l'ordre de l'exploit individuel, même si cette photographie constitue sa "spéciale". Les Blaugrana étaient donc injouables pour une écurie comme ce Milan. Les coéquipiers de Xavi avaient les ressources physiques pour retrouver leur expression collective, et l'homme pour dessiner les contours de l'exploit et sublimer ce contrôle total du match. Pour chipoter, on relèvera quelques difficultés défensives sur les situations de contres... Mais c'est une donnée constante pour le club catalan dans ce type de rencontre. Barcelone a retrouvé ses innombrables qualités et ses rares défauts. Barcelone est redevenu Barcelone.

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