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Lille et Valence ont rendez-vous ce mercredi pour la 6e journée de la Ligue des Champions. Focus sur deux trajectoires bien différentes...

Morpheus s'adressant à Rudi Garcia : "Il faut que tu saches, malheureusement si tu veux découvrir ce qu'est la Matrice, tu devras l'explorer toi-même... C'est là ta dernière chance pour remonter le coefficient UEFA français. Tu dois le faire pour ton pays Rudi. Choisis la pilule bleue et tout s'arrête, après tu pourras faire de beaux rêves et retourner au quotidien de la Ligue 1, Sochaux et Bastia tous les week-ends. Choisis la pilule rouge et tu restes au pays des merveilles et on descend avec le lapin blanc pour aller défier le Real, Dortmund, j'en passe et des meilleurs. N'oublie pas, je ne t'offre que la vérité et le haut niveau, rien de plus." Mais comme l'an passé, Rudi choisit la pilule bleu et le LOSC quitta tristement la Ligue des Champions...


A peine arrivé en Décembre que le parcours européen du LOSC semble déjà bien lointain, et cette élimination nous laisse un sentiment de déjà vu. Les lillois ont une énième fois déçu de par leur apathie et leur incapacité à franchir un cap nécessaire pour ne serait-ce que prétendre à produire un match correct durant une campagne européenne. Jamais ils ne se montrés à la hauteur que nécessite les grandes soirées d'Europe, et hormis une victoire contre le BATE Borisov, face à tous ses adversaires, le LOSC a semblé dépassé par les événements, et c'est surtout sur l'aspect mental qu'on peut reprocher beaucoup aux Dogues. Oui ce groupe n'était pas facile, mais celui de l'an passé l'était et ce fut la même histoire : des joueurs encore trop tendres, proposant un jeu beaucoup trop pauvre et gorgé d’imprécisions techniques. Depuis trois ans, le jeu à la lilloise est mis en avant, mais le duo Seydoux-Garcia est aujourd'hui forcé de constater que les campagnes en C1 se suivent et se ressemblent : entre échecs et frustration.

Mais après tout, avec les départs d'Hazard, Cabaye, Gervinho, et Rami ces dernières années, que fallait-il espérer ? Car même avec sa meilleure composition, l'an passé, bénéficiant d'un tirage plus clément que cette année : Inter Milan, CSKA Moscou, Trabzonspor, déjà à cette époque Lille avait déçu. La mélodie se répète donc une fois encore, et le club de Michel Seydoux, propriétaire qui vendra bientôt ses parts, est à l'approche d'un nouveau cycle, dans lequel les jeunes auront sans doute leur mot à dire.

Dernier match européen comme baroud d'honneur ?

Lille et Valence ont rendez-vous ce mercredi pour la 6e journée de la Ligue des Champions. Les espagnols peuvent encore ambitionner la première place en cas de résultat favorable, et c'est pourquoi, fidèles à leur habitude : ils vont venir pour gagner et non regarder le LOSC tenter de sauver l'honneur, dans un Grand Stade qui verra une grève des encouragements. En effet, certains supporters ont décidé de protester contre les résultats de leur club, qu'ils jugent moyens, que ce soit en Championnat ou en Coupe d'Europe. Ambiance chaleureuse garantie. Ce dernier match de la campagne européenne pourrait donc leur permettre, en cas de victoire, de se racheter un peu aux yeux du public, car battre Valence ce n'est pas rien. Une victoire qui pourrait aussi apporter un peu de confiance à un groupe qui en a bien besoin, restant sur un bien triste match nul à domicile contre Bastia (pire défense d'Europe derrière Hoffenheim...) et végétant à la 10e place de Ligue 1, bien loin des ambitions du début de saison.


Destins croisés pour des trajectoires bien différentes

Frédéric Paquet, directeur général adjoint du LOSC : "Il est clair qu'aujourd'hui nous ne sommes pas dans la situation que nous avions imaginés et estimés en début de saison. Nous sommes en dessous de nos ambitions, mais nous sommes qu'au tiers du championnat, il faut continuer de ne pas baisser la tête. Nous étions sur un cycle ascendant jusqu'à la saison dernière, pour l'instant nous sommes sur la descente de la vague. C'est la vie de la majeur partie des clubs européens que de vivre des cycles. Nous sommes conscients de cela, nous nous cachons derrière rien, il faut continuer de travailler sans s'affoler. Il faut du temps pour que les nouveaux joueurs s'acclimatent à ce nouvel environnement, nous sommes convaincus de leur talent."

Comme le souligne Frédéric Paquet, après avoir côtoyé d'heureux sommets, Lille est aujourd'hui aux portes d'un nouveau cycle. Il va lui falloir se relever de cette triste campagne européenne, digérer cette élimination et se tourner vers le championnat pour espérer accrocher un podium qui parait nécessaire, tant l'investissement d'un tel stade semblerait ridicule sans Ligue des Champions. Avec un calendrier allégé en conséquence et un effectif étoffé, les lillois peuvent aborder sereinement la suite du championnat, à condition de sortir la tête de l'eau au plus vite et en espérant que les recrues qui tardent à éclore viendront rapidement apporter leur pierre à l'édifice, que le petit Marvin Martin nous prouvera que non, il ne s'est point éteint. Triste 10es de Ligue 1 mais loin d’être largués, les hommes de Rudi Garcia, après une énième déception en C1, vont pouvoir se concentrer sur le championnat afin de prendre part à la lutte aux places européennes. Tout l'inverse ou presque du FC Valence.

Valence un modèle pour les dogues ?

Après avoir limogé Unai Emery et Mauricio Pellegrino, c'est aujourd'hui Ernesto Valverde qui hérite des commandes du club valencian. Actuel 12e de Liga, il sera très dur d'accrocher une place en Ligue des Champions cette année. C'est pourquoi il est fort à parier qu'en prenant exemple sur le Bilbao de Bielsa et son légendaire parcours en Europa Ligue l'an passé, Valence va plus ou moins délaisser le championnat afin de tenter d'effectuer un parcours doré, et de pourquoi pas atteindre à nouveau la finale de la Coupe aux grandes oreilles. Comme ce fut le cas à deux reprises dans les années 2000, au temps des Mendieta, Canizares et autre Claudio Lopez... Deux finales d'affilée, pour deux épilogues malheureux contre le Bayern Munich et le Real Madrid.


Mais aujourd'hui à l'inverse du LOSC,  après avoir perdu ses cadres, Valence est toujours là, et semble même plus fort qu'avant. Mata, Alba, Silva ont laissé place à Fehgouli, Costa, et autres joueurs moins clinquants, mais qui permettent aujourd'hui à Valence de franchir un cap sur la scène européenne, en témoigne son match à domicile contre le Bayern où ils ont tout simplement dominé leur sujet. De quoi ambitionner d'aller loin dans cette compétition et pourquoi pas truster à nouveau les sommets. Valverde doit même se dire : "Si Di Matteo l'a fait, pourquoi pas moi ?" On aurait envie de lui répondre, parce que Drogba ? Parce que Cech ? Mais après tout pourquoi pas ? Et si Valence était l'outsider le plus discret de cette édition de la Ligue des Champions ? En cas de résultat négatif du Bayern ce soir, Valence pourrait sortir en tête de son groupe, ce qui serait une surprise, même si on voit mal les bavarois ne pas s'imposer dans ce qui représente une revanche contre le BATE Borisov.

Welcome to the real world ! And ... Good luck.

Ce n'est un secret pour personne et comme le soulignait Rudi Garcia : "Le président s'est toujours exprimé sur la vente du club, depuis longtemps. Il est en cohérence avec ses paroles. Il a toujours dit qu'il voulait rentrer dans le Grand Stade et que petit à petit il chercherait à passer la main. Le travail qu'il a fait est assez extraordinaire. Quel est le timing ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr c'est qu'on est au courant et on verra ce qui va se passer. Tout dépend de qui sera l'acquéreur." Michel Seydoux passera prochainement la main, le LOSC est à l'aube d'un nouveau cycle. Et une nouvelle fois, il lui faudra compter sur son centre de formation et sur l'apport de ses jeunes pouces : Digne, Gueye, Souquet, Bruno, Mendès et autre Pape Souaré, espérer que Marvin Martin n'était pas un simple feu de paille et qu'il reviendra prochainement à son meilleur niveau, pour devenir le maestro de cette nouvelle génération lilloise. Que Dimitri Payet, arrive enfin à confirmer lui aussi toutes les attentes placées en son potentiel, visible mais éphémère, fonctionnant par à coup, et que Mickael Landreau se réveille enfin, lui qui est bien loin de son niveau d'il y a pourtant peu de temps.

Seul l'avenir nous dira si Lille passera ce cycle sans encombre et saura se relever, afin de truster à nouveau les sommets nationaux, et prouver qu'il ne s'était pas installer tout en haut de la Ligue 1 pour rien, mais bien pour durer. A moins que les nordistes préfèrent rejoindre le bien triste quotidien des adeptes des 10es places, bien lointaines d'un podium qui semblait aller si bien à cette ville. Rendez-vous ce soir, pour voir, si oui ou non, le LOSC a réussi à sauver l'honneur ou si tout simplement, une nouvelle fois, la marche fut trop grande pour de petits dogues...


                          "J'espère qu'à l'avenir Rudi, tu nous montreras que tu as bien retenu la leçon..."

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