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Affaibli par les mauvais résultats du PSG, Carlo Ancelotti se retrouve dans une position très laborieuse. Son limogeage, à court terme, est-il envisageable ?

En janvier dernier, c’est avec l’étiquette d’un coach d’expérience, capable de mener son équipe vers les plus grands sommets, que Carlo Ancelotti était arrivé à Paris. Relevant Antoine Kombouaré, limogé quelques jours plus tôt malgré des résultats globalement positifs, l’ancien manager de Chelsea et du Milan AC avait comme mission de traduire sur le terrain la nouvelle puissance et ambition financières du club francilien. Il disposait pour cela de tous les moyens imaginaires. Aujourd’hui, le constat à tirer c’est qu’il n’est pas parvenu à la remplir. Pis, au lieu d’avancer et de progresser, le PSG semble avoir reculé sous son règne et ce dans bien des domaines. Un bilan famélique qui soulève logiquement la question de son limogeage. Alors que son contrat s’étend jusqu’en juin 2013, Carletto va-t-il être débarqué de son poste ?

Il n’a plus la confiance de ses responsables

A en croire ce qui se murmure depuis plusieurs jours dans la presse, Ancelotti a vraiment épuisé une bonne partie de son crédit. En raison des mauvais résultats qui ne cessent de s’accumuler, mais aussi de son manque d’autorité sur un groupe plein de stars, il ne dispose plus de la confiance de ses supérieurs que sont le président Nasser Al-Khelaifi ou encore le propriétaire du club, Tamim Ben-Hamad al-Thani. Et le temps qui passe n’arrange pas vraiment les choses, pour la simple raison que rien ne s’améliore. Bien au contraire. Les performances erratiques, comme celle livrée à Nice (1-2) samedi en championnat s’accumulent, et les conflits internes, ceux qui divisent le vestiaire, viennent s’ajouter au lot des contraignants imprévus. Même l’intéressé le conçoit. Devant les médias, il ne se fatigue plus à éteindre le feu comme c’est coutume de le faire en ce genre de circonstances, mais à blâmer le comportement des siens.

S’il a avoué avoir connu des périodes plus compliquées durant sa carrière de coach, Ancelotti doit aussi mesurer le caractère inédit de la position dans laquelle il se trouve aujourd’hui. Jusque-là, ses différentes expériences avec les clubs qu’il a dirigés ne se sont jamais arrêtées à mi-saison. Avec Paris, il existe un risque réel pour que ça soit le cas. On ne s’amusera pas à le calculer, mais il est clair que son aventure dans la capitale française a désormais toutes les chances de tourner court. Tout invite à le présager, à commencer par l’impatience du QSI. Aussi respectueux de la notion du contrat qu’ils peuvent l’être, on doute que les hommes forts du club aient un quelconque scrupule à se séparer d’un entraineur qui ne leur a rien apporté en presque un an, pas même la garantie d’un titre à venir. Et encore moins d’un futur radieux, comme ils pouvaient en rêver.



Il s’accroche contre vents et marrées

Les 250M€ dépensés pour le renforcement de l’effectif font aussi office d’un sérieux fardeau pesant sur les épaules du coach italien. Certes, il existe un contre-exemple, celui de Manchester City où les responsables koweïtiens continuent à croire en Roberto Mancini malgré les échecs répétitifs en Ligue des Champions, mais la comparaison, si comparaison il peut y avoir, s’arrête là. Et pour cause, ce dernier a eu au moins le mérite de garnir le musée du club de deux nouveaux trophées (FA Cup et Premier League) pour les faire patienter. Ancelotti, lui, n’a encore rien gagné, même une compétition qui lui était promise. Celle de la Ligue 1 la saison dernière. De plus, il présente la triste particularité d’être moins performant à son poste que son prédécesseur, même si le pourcentage de victoires (52,9% contre 41% pour Kombouaré) ne le laisse pas forcément deviner. Le ticket glané pour les huitièmes de la Ligue des Champions, le premier du club depuis 17 ans, est son seul accomplissement notable.

Face à autant de données négatives, il n’y a autres réflexions rationnelles à avoir que de se dire qu’Ancelotti est bel et bien sur la sellette. Ce qui reste à savoir c’est l’ampleur de la marge de manœuvre qui lui reste. En supposant, bien sûr, qu’il en a encore une, car il n’est pas du tout impossible que son sort soit déjà scellé dans les hautes sphères du club. Y-a-t-il un ultimatum fixé, et si oui, quels sont ses contours ? D’autre part, de quoi dépend son salut ? Difficile vraiment de répondre à toutes ces questions, mais on peut imaginer qu’à court et moyen terme, s’il veut perdurer à son poste, le coach parisien doit améliorer au maximum la situation de l’équipe en Ligue 1 d’ici la fin de la phase aller. Les cinq points d’écart qui la séparent de l’OL sont à la fois surmontables et difficiles à combler. Tout dépend, en fait, du degré de doute qui s’est installé du côté du Camp des Loges et la capacité que cette équipe a de se reprendre et se remettre sur les bons rails.

Questionné à ce sujet précisément, Il Mister s’est logiquement montré optimiste. Il a été même plus que cela lorsqu’il a affirmé « être convaincu » que sa formation va devenir compétitive. « La solution, je vais la trouver. Ça peut prendre 10, 15 jours ou un mois, mais je la trouverai » a-t-il assuré. Il a aussi promis clairement une deuxième partie de saison beaucoup plus relevée que la première. Des paroles ambitieuses et qu’il va devoir justifier. En temps normal, et dans beaucoup d’autres clubs, on s’interrogera simplement s’il va pouvoir y parvenir, mais là, il y a surtout lieu de se demander s’il aura le temps pour ne serait-ce qu’essayer. Connaissant ce PSG, ses constances, ou ses inconstances, c’est selon, on ne jurera de rien. Et que Carlo nous excuse, mais dire que ses jours dans la capitale française sont plus que jamais comptés n’est en rien une exagération, mais un doux euphémisme.

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