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Par Hocine Harzoune

Le plan du Real Galactique s'inspirait de Gilette. Sauf qu'au lieu d'ajouter une lame par an à son ustensile, Madrid s'offrait une star par saison, espérant obtenir ainsi une équipe plus tranchante. Après l'arrivée de Beckham (l'avatar de Gilette, oui vous avez bien suivi) et surtout de son compatriote Owen, on pouvait presque remplacer les miroirs de la salle de bain du vestiaire par des ballons en or, histoire de se débarrasser de sa pilosité faciale (pectorale, abdominale...) avec panache. Mais le jeu restait désespérément euh... rasoir sur le terrain. Et ce n'était pas un problème qu'on pouvait régler en coupant la pelouse au ras du sol. Du coup, le Real, champion d'Espagne en 2003, a dû circoncire ses ambitions, voir carrément, pendant quelques saisons, raser les murs.

Certes, il allait y avoir quelques beaux matchs, quelques beaux gestes, les ciseaux retournés de Julio Baptista, les crampons affûtés du duo Gravesen/Pablo Garcia, les dribbles que Robinho commençait mais ne finissait pas (le nombre de fois ou l'on a pu le maudire lui et sa descendance tout en l'exhortant à couper court à son action pour enfin PASSER son ballon), mais principalement, le Real de l'époque ça ne le faisait pas. Bien loin de la perfection au masculin. Pour voir du beau jeu, il fallait se faire épiler la camiseta chez les esthéticiennes du Barca. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, mais tout de même, on regrettera que la descendance ou du moins, l’extinction du Robinho soit sauvée par le Di Maria

Oh je ne veux pas jouer les Cassandre en goguette ou les prophètes aztèques a vous pronostiquer des fins du monde par packs de (deux mille) douze, et j'encours volontiers le risque que mon analyse soit gracieusement éclipsée, comme un pet humide dans un sauna, par une bonne perf de sa part demain. Mais ce joueur moi je ne l’aime pas. Voilà, comme ça vous connaissez ma position et ce n’est pas celle du missionnaire, a essayer d'évangéliser tout ce qui bouge, de convaincre ou de convertir. Enfin c'est toujours mieux que sa position a lui, celle du mâle de la levrette, à courir partout comme un chien fou, oubliant des partenaires mieux placés que lui en poursuivant un lièvre invisible.



Sans oublier son jeu prévisible, archétypique, comme une mauvaise IA de jeu vidéo qui se cache derrière une caisse mais qui laisse toujours dépasser une partie de son corps de façon aussi ostentatoire qu'une... Non, il vaut mieux que je ne finisse pas cette comparaison. Di Maria c’est : A) Je reçois la balle. B) Je fixe mon adversaire. C) Je fixe toujours mon adversaire. D) Je repique dans l’axe et je centre ou tire, parfois même je centretire et c’est dans ce vaillant néologisme que se situe l'embarras. Avec ses oreilles décollées immenses dignes d’un sang royal britannique, on pourrait croire qu’il entend les consignes de son coach, les supplications de ses coéquipiers, qu’il est relié à un vieux satellite soviétique pour voir le terrain du dessus grâce a un sonar mais non, rien de tout cela. Di Maria tient à son schéma, qui rappelle un peu l'usage intensif de l'imparfait du subjonctif dans les romans Harlequin : un gimmick facile qui abuse le gogo à bon compte et je ne sais même pas pourquoi j’en parle car je n’en ai jamais lu.

Bon javoue que mon article est, certes, un peu à l'image d'une 4e de couverture de roman Harlequin. Putassier, faussement provocateur et aussi, forcément prometteur d'un happy end dégoulinant de bonheur. J’adoucirai donc ma position en accord avec les attentes de mon lectorat en concédant quelques qualités à Di Maria. Une bonne frappe du gauche, une précision de passe louable, une bonne capacité a dribbler quand il arrive lancé et une ressemblance marquée avec le prince Charles ce qui est toujours un atout en société (et puis les grandes oreilles ça sert quand on joue de manière stéréotypée). Mais si l’épisode Robinho -que l’on nous présentait comme une future grande star et dont la bio s’est finalement avérée dégradable- nous a appris une leçon, c’est que toutes ces qualités ne suffisent pas. Même après une bonne saison, on n’est jamais à labri de passer d’enfant prodige à enfant gâté. Attention, le processus de décomposition est peut-être lancé

Ah oui : "Zlataner".  Je n'ai pas trop suivi, mais il parait qu’il faut placer ce terme dans tous les articles traitant de football dans la presse française désormais. Je vous laisse le soin de le mettre ou vous voulez dans le mien.

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