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Le métronome du BATE, Aleksandr Hleb a presque tout connu dans sa carrière. Le respect à Stuttgart, les louanges à Londres et l'échec au Barça. A 31 ans, il veut finir en beauté.

Le milieu offensif du BATE Borisov, Aleksandr Hleb a presque tout connu dans sa carrière européenne. Les Mercedez à Stuttgart, le stade mythique de Highbury à Londres et le banc de touche au Barça. A 31 ans, il se veut prophète en son pays. 

Un travailleur de l’ombre qui attire la lumière

Aleksandr Hleb est un gymnaste. Une sorte de dribbleur hors-pair capable de conduire la balle sur une ligne de touche tel un funambule. Les supporters allemands l’avaient rebaptisé "l’apprenti sorcier", celui qui ne tombe jamais. Pour un gaillard d’un mètre 85 tenir sur ses jambes n’est en rien un exploit. Nonobstant, le faire en allant à fond la caisse c’est fort…très fort ! Sur le stade Gottlieb-Daimler comme circuit, le pilote biélorusse a régalé son public pendant cinq années. Cinq tours de piste marqués par une victoire face à Manchester United en phase de poule de Ligue des Champions en 2003 avant de s’incliner face à Chelsea en huitièmes de finale. Il quittera la Bundesliga avec un ratio de 17 buts en 184 matches. Une statistique qui lui colle à la peau jusqu’aujourd’hui et qui fait de lui un joueur peu décisif.

Au pays des statistiques, le sextuple ballon d’or biélorusse a marqué les esprits des fans londoniens. En 2005, Les Invincibles ne sont plus ce qu’ils étaient deux années plus tôt. La finale perdue en 2006 et l’inauguration du nouvel Emirates Stadium marqueront le début d’une nouvelle ère pour les Gunners. Arsène Wenger compte donc sur sa nouvelle trouvaille. Aleksandr Hleb est un joueur polyvalent, capable d’évoluer en numéro 8 ou sur les ailes. Le technicien français l’utilisera principalement sur le côté gauche. Elancé et chétif, le natif de Minsk n’a pas eu de problème à s’adapter au jeu physique anglais.

Sa conduite de balle et sa capacité de dribbles ont fait de lui un titulaire indiscutable dans le onze d’Arsène Wenger. Si les statistiques ne lui rendent pas hommage (8 buts en 108 matches), l’international biélorusse n’en démérite pas moins. Il a su donner ses lettres de noblesses au terme «Hockey Assist». Une locution anglophone désignant la passe amenant la passe décisive. En d’autres mots, Hleb est un travailleur de l’ombre qui attire la lumière. Difficile de s'en débarrasser forcément. "On veut garder Hleb, on compte sur lui la saison prochaine" confie Wenger à la fin de la saison 2008.   



Mieux vaut vivre avec des remords !

Trois  mois plus tard, l’international biélorusse foulait les pelouses du Camp Nou. Il retrouvait chez les Blaugrana son ancien coéquipier de Higbury, l’attaquant français Thierry Henry. Un pari risqué tant l’effectif de Pep Guardiola dégoulinait de talents à tous les postes. Une acclimatation difficile, une cohabitation houleuse avec Guardiola, l’éclosion des jeunes de la Masia, bref des circonstances qui ont radicalement enrayé son envol. Désavoué par son coach, Hleb ne participera pas au sacre des "blaugrana" en Ligue des Champions.

Rarement titulaire en Liga (8 fois), "l’Iniesta" biélorusse va empiler les prêts (Stuttgart, Birmingham et Wolfsburg) sans jamais trouver son bonheur. L’angoisse catalane s’achève enfin, en 2011. Les propos du biélorusse sur son aventure en Espagne oscillent entre colère et remords. Il s’en prend tantôt à Guardiola qu’il accuse de préférer les "joueurs espagnols", tantôt à lui-même pour ne pas avoir fait assez d’efforts à l’entrainement. "Si j'avais su ce qui allait se passer, j'aurai refusé d'y aller" avait confié le capitaine de la sélection Biélorusse. Loué en Allemagne et craint en Premier League, Hleb restera inconnu en Liga, n’ayant jamais inscrit le moindre but en 19 matchs. Triste sortie pour un si grand talent !

A 31 ans, Aleksandr Hleb retourne à la case départ. Il fait les beaux jours de son club formateur le BATE Borisov. Sous la férule de Viktor Goncharenko, le champion en titre biélorusse scintille sur la scène européenne. Après un succès (3-1) retentissant face à l’ogre Bavarois, les hommes de Goncharenko se sont inclinés à deux reprises face à Valence mais reste en course pour les deux places qualificatives en 1/8. Moins rayonnant qu’auparavant, la star nationale retrouve une seconde jeunesse au pays. On redécouvre un joueur mature, expérimenté et épargné par les pépins physiques. L’Espagne parait si loin. Mieux vaut vivre avec des remords, Aleksandr ! Allez bats toi, prouve nous encore ta classe !

Actuel 3e du groupe E avec 6 points, le BATE reçoit Lille déjà éliminée de la compétition, mardi soir. Une victoire les propulserait à la deuxième place, ex aequo avec Valence. Ce serait une résurrection sur tous les plans pour le joueur prodige biélorusse.

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