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Lille, en difficulté sur le plan offensif depuis le début de saison, a amorcé un changement de style de jeu. Une nécessité au vu des profils de sa nouvelle attaque.

Où est donc passé le LOSC si flamboyant et séduisant de ces dernières saisons ? Présenté comme une référence en terme d'animation offensive, Lille est dans le dur. Les hommes de Rudi Garcia peinent à trouver un projet de jeu idoine depuis le début de cette campagne. Mais cette quête d'identité a déjà laissé des traces. Dans le prestige de la Ligue des Champions, le temps est un luxe que l'on ne peut pas s'offrir, et Lille a déjà dû concéder un revers inquiétant contre le BATE Borisov (1-3). Garcia a donc décidé d'apporter certaines modifications. Analyse.

L'attaque rapide, un nouveau style à explorer

Dans les faits, le club nordiste possède la treizième attaque en ligue 1, avec 8 buts inscrits au compteur. Préoccupant, donc, même si Rudi Garcia met constamment en exergue la fragilité de sa défense. Mais la relation entre cette perméabilité défensive et les approximations offensives est inéluctable. L'équilibre de l'équipe en résulte. Lors des deux derniers exercices, le club nordiste a bâti une identité de jeu basée sur les attaques placées, dont le surnom flatteur de "Barça du Nord" en était la plus belle des illustrations. Concrètement, il n'y a pourtant rien d'étonnant à ce que Garcia ait opté pour ce projet. Par conviction, certainement, puisque le coach nordiste n'a jamais caché ses influences espagnoles. Mais par évidence, surtout, puisque le LOSC possédait Eden Hazard dans ses rangs. Le jeune crack belge est une bénédiction qui incite forcément tout entraîneur à adapter un projet de jeu en rapport à ses qualités. Même Di Matteo a commencé à la faire à Chelsea... Lille s'est donc distingué par sa faculté à perforer les défenses grâce à un football de possession et un jeu léché, à base de passes courtes et de combinaisons, quand ce n'était pas les exploits individuels de sa star... Et la saison 2010-2011 fut un point d'orgue à cette domination nationale avec la valeur ajoutée de Sow et Gervinho, infatigables avaleurs d'espaces permettant à un LOSC irrésistible (et imprévisible) d'alterner attaques placées et contres meurtriers.

Hazard est parti, et le vide qu'il a laissé est aussi important que l'influence qu'il avait acquise. Marvin Martin et Salomon Kalou sont arrivés cet été, têtes d'affiche d'un mercato à première vue bien négocié. Mais les deux recrues du LOSC peinent à trouver leur marques dans le dispositif lillois. Ils possèdent le dénominateur commun de changer de statut. L'Ivoirien était le remplaçant d'une grosse écurie européenne, tandis que l'international français était le maître à jouer d'une formation moins ambitieuse en Ligue 1. Côté terrain, aucun des deux ne peut reprendre le rôle d'Eden Hazard. Certes polyvalent, Kalou reste un attaquant, plus à l'aise dans la finition que dans la création. Tandis que Martin, qui possède un profil de régulateur permettant à son équipe de fluidifier le jeu, n'est pas un dribbleur avéré. Sa qualité de passe est réelle, mais l'ancien Sochalien n'est pas non plus un buteur. À titre de comparaison, son profil est beaucoup plus proche de Yohan Cabaye, qui fait désormais le bonheur de Newcastle.

Lille doit donc changer son fusil d'épaule pour ne pas tomber dans un jeu stéréotypé et monorythmique, malgré une maîtrise collective intacte. La formation nordiste en prenait pourtant le chemin en début de saison. Mais Rudi Garcia, pragmatique, a décidé de modifier ses plans lors d'un test grandeur nature contre Lyon. Le réalisme n'était pas au rendez-vous (1-1), mais la manière était franchement encourageante. Ce fut pourtant une des premières fois sous l'ère Garcia que Lille laissait volontairement le ballon à son adversaire. Mais le pressing d'un milieu aux caractéristiques variées s'est avéré payant, entre le positionnement de Mavuba, l'activité de Gueye et le jeu long de Pedretti. Une relation avec l'attaque renforcée par les appels incessants de Payet, Nolan Roux et le jeune Mendes. À l'aise balle au pied, ces trois attaquants offrent surtout une multitude de possibilités dans la profondeur. Tout le contraire de Tulio De Melo, beaucoup moins mobile, mais précieux par son jeu de tête, dans la finition comme dans les déviations. "On a bien défendu, on a réussi à se projeter vers l'avant, malheureusement on a pas su breaker. On n'était pas à l'abris d'un exploit adverse ou d'un coup du sort. Il faut continuer dans cette voie parce que si on joue tous nos matches comme ça, on en gagnera beaucoup", confirmait Garcia, enthousiaste, après la rencontre. Ce visage neuf offre donc les prémices d'une nouvelle identité de jeu, celle de l'attaque rapide. Mais la défaite à Rennes vendredi dernier (2-0), est venue rappeler que le club nordiste ne maîtrise pas encore totalement cette option tactique. Reste donc à savoir si le LOSC adoptera ce style sur le long terme. La confrontation mardi face à Valence, formation très joueuse, offrira une configuration idéale pour se faire un aperçu. Et Lille serait bien inspiré de passer ce nouveau test avec succès pour asseoir ses convictions. Son avenir européen en dépend...

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