Ligue des champions - Inter - Barça, forces et faiblesses

C'est un double choc qui se profile mercredi soir à San Siro, pour la première rencontre de ce groupe F (20h45). Le Champion d'Italie, l'Inter Milan, affronte le FC Barcelone, champion d'Europe et d'Espagne. Une rencontre qui cache un autre match, celui entre deux des meilleurs buteurs de la planète actuellement, le Camerounais Samuel Eto'o face au Suédois Zlatan Ibrahimovic. L’occasion pour Goal.com de regarder de plus près les forces et faiblesses de chacun.

Par Hocine Harzoune

L’Inter voulait exporter son savoir faire local sur la scène continentale et José Mourinho a été appointé en ce sens. Ce soir, face au Barça, véritable parangon du foot européen en sa qualité de détenteur du trophée de la C1, il s‘agira de se jauger et de prendre le pouls de sa propre ambition. Si le favori de la rencontre, égard au passé récent des deux équipes, reste l’ogre barcelonais, la rencontre reste suffisamment indécise pour qu’on s’intéresse aux points forts et points faibles de chacune des deux entités, qui comptent parmi les plus prestigieuses d’Europe.

Le Face à Face

Gardiens :



Victor Valdes face à Julio Cesar. A priori, rien ne peut départager les deux talentueux portiers. L’un est champion du monde des -17 ans avec le Brésil est un pilier de la Selecao, l’autre est moins heureux sur le plan international, barré par de puissants rivaux tels que Casillas ou encore Reina, mais a remporté le trophée Zamora de meilleur gardien ayant encaissé le moins de buts en Liga à deux reprise (2005, 2009).  Mais s’il est de notoriété publique que Julio Cesar est l’un des tous meilleurs portiers au monde, les avis sont moins univoques concernant le Canterano du Barça, précédé par une réputation continentale de gaffeur invétéré (les exemples sont nombreux et bien ancrés dans l’imaginaire collectif du fan de foot lambda). D’aucuns vous diront même que s’il encaisse si peu, il le doit aussi (surtout ?) aux performances exceptionnelles de ses équipiers. Bref, pour ce premier duel, avantage à l’Inter et à Julio Cesar.

Défenseurs :



Avant de s’étendre sur les qualités et défauts des défenses respectives de chaque entité, il convient d’évoquer un brin de tactique, histoire de voir comment les arrière-gardes de chaque équipe sont disposées. Coté nerazzurri, on devrait évoluer dans un solide 4-3-1-2, l’axe central composé de Samuel et Lucio, Chivu sera préféré à Santon à gauche alors que Maicon jouera à droite. Bref du beau monde et de l’expérience à chaque poste. Et avec Motta et Captain Zanetti jamais avares en replis défensifs, et une capacité de relance pas négligeable, le mur lombard a fière allure. Rien de nouveau sous le soleil de Barcelone. C’est le 4-3-3 classique et la défense classique avec Dani Alves, Puyol, Piqué et Maxwell, qui jouait encore à l’Inter la saison dernière. On peut pérorer sur les qualités intrinsèques de chacun (le débat Maicon-Alves est sans fin) mais si l’on prend le problème d’une perspective plus générale, on notera tout de même que l’organisation italienne est plus prudente, moins offensive et qu’il y a plus de solutions sur le banc de l’Inter, utile si le match tourne à la confrontation âpre et hermétique. C’est pourquoi ce round va également aux lombards.

Milieux de terrain :



Xavi, Yaya Touré et Keita avec Iniesta sur le banc car de retour de blessure, le milieu du Barça, réputé pour son rôle moteur dans les performances et l’esthétique du jeu catalan, impressionne. C’est ce qui rend le Barça si spécial, sa capacité à faire tourner le ballon, à jouer à une touche de balle, à trouver l’ouverture pour porter l’estocade. L’orchestre sait varier l’aigu et le grave, le long et le court, les ailes et l’axe. Loin des forteresses anglaises, et du fameux stéréotype « jeu long, idées courtes » qui a tant dominé les stades ces dernières années, le Barça, grâce à son milieu de terrain notamment, nous montre qu’un autre football est toujours possible. Coté Inter, Sneijder, transfuge du Real Madrid, sera devant la défense, Stankovic au centre, Motta à gauche et Zanetti à droite, les trois joueurs pourraient évoluer sur la même ligne ou former un triangle, en fonction de la possession, ou non, du ballon. Là encore, il s‘agit d’un compartiment central de classe mondiale, avec des joueurs disposés selon leurs points forts. Mais le milieu de l’Inter, aussi complet soit-il, ne peut pas rivaliser avec la philosophie catalane et les automatismes du champion d’Europe. Avantage Barça.

Attaque



Ce match tend aussi à répondre à la question qui a torturé des milliers de fans du Barça et de l’Inter ces derniers mois, Qui du club espagnol ou de la formation italienne a fait la meilleure affaire dans le deal ZlatanEto’o ? Dans ce match, tout le monde aura inévitablement un œil sur ce duel à distance rapprochée entre le camerounais et le Suédois, une des attractions du mercato qui fut conclue par un échange en prime d’une cinquantaine de millions d’euros. Ibra sera de retour face à ses anciens supporters qui n’ont surement pas « supporté » ses dernières déclarations. « J’ai joué trois ans à l’Inter et le club a remporté trois titres de champion. On verra ce qu’ils font sans moi cette année ! » Étalait, hâbleur, le Super Swede dans la presse. Le Lion Indomptable quant à lui retrouve son ancien entraineur, principal instigateur de son départ. « Je voudrais lui dire bonjour » promet le coach catalan en conférence de presse. Le salut de Samuel Eto’o, s’il parvient à tromper la vigilance de ses anciens équipiers (Guardiola reconnait d’ailleurs  lui-même qu’il sera difficile à stopper), se fera beaucoup moins discrètement. En effet, nous parlons de l’homme qui  marche à un rythme de pratiquement un but tous les deux matches en coupe d'Europe. Meilleur buteur italien la saison dernière, Ibra a son talon d'Achille, il n'a jamais brillé en C1. Les statistiques sont là : 64 matches joués pour seulement 16 buts inscrits. « Zlatan est moins un killer devant le but (qu’Eto’o, ndlr), mais il permettra aux joueurs qui se trouvent à ses côtés d’être meilleurs » dixit Guardiola. Et le Zlatan en question est plutôt bien entouré, en tous cas mieux que Eto’o, avec Messi et Henry dans le sempiternel trident catalan. C’est pourquoi Goal.com vote pour l’attaque du Barça.

Entraineurs :



Un duel peut en cacher un autre. Derrière Zlatan-Eto’o, un affrontement plus feutré sur les bancs de San Siro, entre Jose Mourinho et Pep Guardiola,se profile. Et il est à suivre avec attention car il s'agit des deux derniers entraîneurs à avoir enlevé une C1 en l’assaisonnant d’un triplé. Quelque part, les deux hommes sont tous les deux des produits de la philosophie barcelonaise. Adjoint de Bobby Robson au Barça où il a fait son cursus d’entraineur de classe mondiale, José Mourinho connaissait bien Pep Guardiola, mais là où le Catalan de Santpedor a fait ses missels de la doctrine Blaugrana, le coach portugais ne retiendra l’expérience Culé que comme un chapitre de plus dans son corpus de tacticien en devenir. Aujourd’hui, les mantras qui guident les deux hommes semblent antinomiques, autant dans la personnalité de chacun (machine à polémiques furieuse d’un coté et tacticien discret et lisse de l’autre), que dans le jeu proposé. Mais là où Guardiola a déjà réussi sa mission au Barça, Mourinho est un à un tournant de sa carrière à l’Inter, et s’il ne lâche pas le volant, il ne doit tout de même pas abuser de la patience de Massimo Moratti et des fans de l’Inter, qui lui pardonnent volontiers toutes ses frasques, à condition que le Special One s’inspire d’Hellenio Herrera, le premier et dernier entraîneur à avoir apporté une C1 aux Nerazzuris. Pour Goal.com et malgré toutes les différences qui opposent Guardiola et Mourinho, c’est un beau match nul !

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