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Prêté à Guingamp par Benfica, Fernando Marçal se révèle aux yeux de l'Europe. Le latéral brésilien est une des grandes révélations de la saison en Ligue 1.

Il ne parle pas plus de quelques mots dans notre langue, mais Fernando Marçal fait l'effort : "Je peux garder ma casquette ? Ma coupe là, c'est moche", lance-t-il dans un sourire qui ne quittera pas son visage de tout l'entretien. C'est aussi cela, l'histoire d'un joueur brésilien passé par le Portugal et la Turquie avant de rejoindre la Bretagne : une joie de vivre sincère et communicative sur les terrains. Car depuis qu'il foule les pelouses françaises, le joueur de 27 ans prêté par Benfica fait beaucoup parler de lui jusqu'à figurer parmi les meilleurs latéraux du continent. 

Vous êtes le seul joueur sud-américain de l'équipe ici à Guingamp, mais vous ne semblez pas trop dépaysé... 

Fernando Marçal : Un peu au début. Mais comme il y a des joueurs qui parlent portugais comme Romain Salin et Jonathan Pereira ou Etienne (Didot) qui parle espagnol, je me suis rapproché d'eux. C'est avec eux que j'échangeais le plus facilement. 

Les joueurs qui passent à Guingamp parlent souvent de l'environnement très positif du club, de la ferveur des supporters et de la tranquilité de la ville. Est-ce aussi votre cas ? 

Dès que je suis arrivé j'ai senti cette ambiance familiale. Les supporters m'ont très bien reçu, les gens m'ont soutenu et ça a été un mariage parfait. Ça m'a donné plus de force, de motivation et de confiance pour la saison. 

Il y a plusieurs latéraux brésiliens en Ligue 1 comme Maxwell, Dalbert ou Rafael. Mais le meilleur, c'est vous non ? 

En réalité je suis content d'avoir acquis un statut que j'ai conquis lors de la première partie de la saison. Ce sont réellement de bons latéraux, de grands joueurs. C'est une grande satisfaction d'avoir mon nom aux côtés des meilleurs joueurs du championnat. 

Avec 6 passes décisives, vous êtes le meilleur défenseur dans cette catégorie, le savez-vous ? 

C'est une satisfaction, j'en suis heureux. En plus d'aider l'équipe à défendre j'ai réussi à faire des passes décisives et à aider l'équipe à marquer des buts. Nous avons une bonne équipe, mes coéquipiers m'ont beaucoup aidé. Je peux rendre un peu ce qu'on me donne et c'est très important. Les gens du club m'ont dit que j'étais le défenseur avec le plus de passes décisives en Europe. Je n'y accorde pas trop d'importance mais ça apporte quand même une certaine satisfaction. 

Vous êtes le meilleur défenseur passeur décisif en Europe mais vous êtes aussi le latéral qui réussit le plus de centres dans le jeu. En fait vous êtes un attaquant non ? 

Non je ne me considère pas comme un attaquant mais je suis un latéral très offensif. Quand l'équipe défend, je défends, mais quand elle attaque je participe aussi. Je me considère comme un joueur offensif mais pas comme un attaquant né. 

 

Que connaissiez-vous de la Ligue 1 avant de signer à Guingamp ? 

J'ai toujours suivi le championnat de France et aimé la Ligue 1. C'est un championnat très compétitif qui m'a toujours plu comme la Premier League ou la Bundesliga. Dès que je pouvais je regardais les matches et j'ai toujours eu envie de jouer ici. Quand j'ai eu la possibilité de venir jouer en France il y a d'abord eu un autre club. Ensuite il y a eu la proposition de Guingamp que j'ai trouvée intéressante. J'ai appelé quelques amis pour leur demander leurs avis. On ne m'en a dit que du bien et je n'ai pas eu de doute. Je me suis dit que Guingamp m'aidait à réaliser un rêve : jouer dans le championnat de France. 

Après vos 6 premiers mois en Ligue 1, y a-t-il des choses auxquelles vous ne vous attendiez pas ? 

En réalité non, la Ligue 1 est comme je l'imaginais. Un championnat très fort avec des joueurs puissants, de l'intensité, un jeu et des transitions rapides. C'est plus ou moins ce que je pensais et je me disais que mon style de jeu pourrait très bien aller en France. Grâce à Dieu mon style s'adapte très bien ici et tout se passe bien. 

Vous arrivez en Ligue 1 à un moment où on a l'impression qu'elle bascule dans une autre dimension. Avec le PSG mais aussi avec des joueurs comme Mario Balotelli, Memphis Depay ou Radamel Falcao. Qu'en pensez-vous ? 

C'est important pour le championnat français. La visibilité augmente. Les gens veulent voir le championnat parce qu'il y a de grands joueurs. Je vois ça d'un oeil positif, c'est bon pour eux de jouer dans de grands clubs, c'est bon pour nous parce que la visibilité est plus grande et la Ligue 1 est plus regardée. Je trouve ça très bien et j'espère que de plus en plus de grands joueurs continueront d'arriver. 


"Le PSG ? Bien sûr. Je serais hyprocrite si je disais non"


Jusqu'à présent, qui sont les joueurs que vous avez croisé et qui vous ont le plus impressionné ? 

Il y a de grands joueurs en France. Falcao est un joueur que je suivais déjà au Portugal quand il jouait à Porto. C'est un attaquant né. Dans la surface, je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de joueurs meilleurs que lui. Il y a d'autres joueurs comme Thiago Silva que je suivais et supportais en tant que Brésilien. Mais ne jouant contre eux, on se rend compte de leur énorme qualité. Entre autres, d'ailleurs, parce que la Ligue 1 est pleine de talents. J'espère réussir à me faire une place parmi ces grands joueurs. 

Vous êtes ici prêté par Benfica, que souhaitez-vous faire en fin de saison ? 

Quand je suis venu à Guingamp, je me suis concentré sur le seul fait de jouer en France. Quand je suis passé par la Turquie, je pensais exactement la même chose. Je veux juste donner le maximum pour aider mon équipe. J'ai été élu meilleur latéral gauche de Turquie, les choses se sont bien passées et c'est de cette façon que j'ai aussi envie de faire en France. Je verrai à la fin ce que je ferai. Quand le championnat sera terminé, on verra si je reviens ou pas. Je veux toujours m'améliorer pour que chaque saison soit meilleure que la précédente. 

Ici à Guingamp, certains superviseurs de grands clubs sont en tribunes pour vous voir. Quel est votre objectif de carrière, Guingamp est un tremplin ? 

Guingamp m'a aidé à évoluer. Le championnat français a une grande visibilité. Moi je ne pense pas aux autres clubs, je pense à faire de mon mieux. Le reste, c'est une conséquence naturelle. Si ça se passe bien, quelqu'un le verra et entrera en contact avec moi, avec Benfica ou avec Guingamp. Sans aucun doute, Guigamp m'a beaucoup aidé. Les gens en France commencent à me connaître grâce au club à qui je dois tout mon respect et ma tendresse. 

Le PSG, où beaucoup de Brésiliens évoluent, va chercher un latéral gauche en vue de l'été prochain. C'est quelque chose qui pourrait vous plaire ? 

Bien sûr. Je serais hypocrite si je disais non. Le PSG est un top club. Tous les joueurs qui évoluent en France verraient ça d'un bon oeil si la possibilité se présentait. Et je ne suis pas différent. Si ça se présente dans le futur, je serais heureux d'aller au Paris Saint-Germain. 

Propos recueillis par Julien Quelen, à Guingamp

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