Nassim Ben Khalifa : "Hatem Ben Arfa est un exemple pour moi, un espoir"

Libre de tout contrat, Nassim Ben Khalifa recherche un projet pour refaire parler son talent. L'ancien espoir suisse, passé par Wolfsburg, ne demande qu'à jouer.

Le football est rempli de belles histoires. Il regorge aussi d'histoires plus tristes. Mais celles qui sont les plus belles à raconter sont parfois celles qui ne partaient pas pour bien se terminer, puis qui ressemblent de plus en plus au conte de fée qu'un jeune joueur de foot talentueux aime s'imaginer. Un peu comme Hatem Ben Arfa, capable de parler du Ballon d'Or à Hull City puis qui se reconstruit à Nice pour être pris au sérieux avant de rejoindre le Paris Saint-Germain et s'offrir une deuxième chance. "Pour les jeunes comme moi, ceux qui se sont un peu perdus, ça montre qu’il y a toujours un espoir", souffle Nassim Ben Khalifa. 

Car l'attaquant suisse de 24 ans, révélé en 2009 lors du titre de champion du monde des moins de 17 ans puis recruté par Wolfsburg, tente de refaire surface. Après deux années difficiles et un enchaînement de mauvaises circonstances, l'international hélvète (4 sélections) aspire à devenir ce qu'il aurait dû être. 

Après un passage en Allemagne, un retour en Suisse puis une expérience en Turquie, où en êtes-vous aujourd'hui ?

Nassim Ben Khalifa : J’ai résilié il y a une semaine avec Eskişehirspor en Turquie. Il y a eu beaucoup de procédures et ça n’a pas été facile. Maintenant je suis libre et j’aimerai revenir sur le devant de la scène après une année difficile.

En 2009, vous êtes champion du monde U17 avec la Suisse, élu deuxième meilleur joueur du tournoi. Vous signez à Wolfsburg et c’est le black out ?

Je me suis fait les croisés il y a deux ans avec une complication au ménisque. Après il y a eu un enchaînement de choses défavorables. La blessure, un changement de directeur sportif, d’entraîneur… Un changement de sélectionneur en équipe nationale. Ce sont des choses, qui assemblées, m’ont pénalisé.

Nassim Ben Khalifa et Xherdan Shaqiri sous le maillot de l'équipe nationale suisse

Vous n’êtes pas parvenu à vous imposer à Wolfsburg qui rivalisait à l’époque avec le Bayern Munich et le Borussia Dortmund ?

J’ai signé à Wolfsburg après le titre de champion du monde U17 et je suis arrivé après l’année de leur titre en Bundesliga. J’ai eu Steve McLaren en entraîneur, il y avait énormément de joueurs dans l’effectif. Pour ma première expérience à l’étranger, cela c’est très mal passé sportivement pour l’équipe, qui a joué la relégation avec un effectif construit pour le titre. J’ai préféré retourner en Suisse pour me retrouver.

Pourquoi avoir choisi la Turquie ensuite ?

J’ai suivi Michael Skibbe, mon entraîneur au Grasshopper Zurich. Mais il s’est fait licencier après seulement 6 mois, c’est ça qui a rendu l’aventure compliquée. Il est devenu sélectionneur de la Grèce et moi j’ai dû ramer avec une situation sportive compliquée et des problèmes de paiement.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Physiquement je me sens vraiment bien. Je m’entraîne actuellement avec une équipe de D2 en Suisse pour garder la forme. Les sensations sont là, j’attends simplement d’avoir la possibilité de montrer ce que je sais faire. J’ai toujours été quelqu’un de positif, je n’ai jamais rien lâché. Pour moi l’objectif maintenant est de rejouer au très haut niveau et de revenir en équipe nationale. Je suis convaincu par mes capacités.

Comment avez-vous géré le fait de passer d’un des plus grands espoirs du football suisse à un jeune footballeur en difficulté ?

Ce sont des expériences et celles qui sont difficiles permettent de montrer une force de caractère. Il y a un tas d’exemples de joueurs qui ont été en difficulté. Il y a ceux qui ont sombré et ceux qui ont continué et récolté les fruits de leur travail. C’est ce que j’essaye de faire maintenant pour ne rien regretter.

Il y a un joueur très exposé en France qui était dans votre cas il n’y a pas si longtemps…

(Il coupe) Oui, Hatem Ben Arfa. Je trouve ça magnifique. Pour les jeunes comme moi, ceux qui se sont un peu perdus, ça montre qu’il y a toujours un espoir. Pour moi, c’est un exemple à suivre.


GOAL "Je veux rejoindre un pays de foot comme l'Espagne, l'Italie ou la France pour jouer" 

Quels sont les championnats qui vous font rêver ?

L’Espagne est un championnat très collectif et technique, avec des équipes qui jouent en une ou deux touches de balles. Cela me correspondrait bien. En Italie, c’est tactique, il y a des entraîneurs qui sont très proches des joueurs et de leur équipe. C’est aussi ce que je recherche.

Et en Ligue 1, avez-vous déjà eu des contacts ?

Il y a eu des contacts, mais à l’époque ma situation était difficile. J’étais en Turquie et rien n’a été fait pour que je puisse partir. Maintenant que je suis libre, j’espère que les contacts se feront de nouveau.

À quoi pouvez-vous prétendre après les deux années difficiles que vous venez de traverser ?

Aujourd’hui le salaire m’importe peu. Je veux simplement jouer. J’ai 24 ans, je n’ai ni femme ni enfant. Je veux vivre une aventure, me donner au maximum. Le salaire ne passe même pas au second plan, c’est un détail. Je veux rejoindre un pays de foot comme l’Espagne, l’Italie ou la France pour jouer et passer une partie de ma vie.

Si vous aviez un directeur sportif d’un club de Liga, de Serie A ou de Ligue 1 au téléphone, que lui diriez-vous sur votre profil, sur ce que vous pouvez apporter à une équipe ?

Je peux jouer partout en attaque, sur un côté ou en retrait de l’attaquant. J’ai un profil technique qui fait que je me sens à l’aise dans l’axe. Je suis quelqu’un qui veut toujours gagner.  Je pense que le plus important pour un club ou un entraîneur, c’est d’avoir quelqu’un prêt à tout pour gagner sur le terrain. Je suis à l’écoute de ce qu’on à me dire, mes deux leitmotiv sont progresser et gagner. 

Propos recueillis par Julien Quelen