Monaco-Porto (0-3) - Le même tarif qu'en 2004, la victoire tactique de Conceiçao : les 3 choses à retenir de la défaite monégasque
Contrariée par un FC Porto solide et froid de réalisme, l'AS Monaco s'est inclinée sur le même score que la finale perdue de 2004 (3-0).

Pour l'ouverture de sa nouvelle campagne de Ligue des champions à domicile, l'AS Monaco a livré une dure bataille face à un Européen averti. Le FC Porto - qui se devait d'engranger ses premiers points dans la compétition - a proposé un combat physique de haute intensité à des Monégasques qui n'ont jamais trouvé la clé. Grâce à un Rachid Ghezzal remuant sur son côté droit, le champion de France s'était pourtant créé la première occasion avec une frappe de Falcao trop facilement captée par Casillas (4e). La pression appliquée d'entrée de jeu par les locaux et caractérisée par une main non sifflée de Felipe dans la surface (8e) puis par une autre de Diakhaby sanctionnée d'un carton jaune (9e) n'aura pas suffi à concrétiser une domination relative. Solides sur leurs bases et robustes dans l'entrejeu, les Portugais ont pris les devants suite à une longue touche repoussée aux 20 mètres. Après avoir repoussé la frappe de Danilo, Benaglio s'est jeté pour un superbe double arrêt face à Aboubakar avant de concéder l'ouverture du score au Camerounais à bout portant (1-0,31e). 

Le film de la rencontre

En seconde période, l'entrée de Carrillo pour donner un point de chute aux centreurs contrariés n'a pas vraiment changé la situation. Incapable de faire la différence sur les ailes, les Monégasques ont tenté, sans grande réussite, de mettre les ballons devant un Iker Casillas jamais vraiment inquiété. Comme une évidence lorsque la domination est stérile, les hommes de Leonardo Jardim ont subi un contre qui a définitivement mis fin au suspens. Lancé par Brahimi - au demeurrant très bon dans ses prises de balle et sa lecture du jeu - Marega a trouvé Aboubakar pour le doublé (2-0, 69e). En fin de rencontre, Porto s'est même payé le luxe de finir en beauté et de gagner sur le même score que lors de la finale de 2004. Après un cafouillage et quelques arrêts réflexes de Benaglio sur sa ligne, Layun, trouvé seul sur la gauche de la surface, a envoyé un plat du pied en lucarne pour sceller le sort d'un match maîtrisé de bout en bout par l'équipe portugaise.

Un joueur dans le match : Thomas Lemar pas à son meilleur niveau

Absent à Leipzig en raison d'une blessure musculaire à une cuisse, Thomas Lemar entamait sa saison de Ligue des champions après avoit tant brillé dans la compétition la saison dernière. L'entrée en matière fut difficile pour l'international français, visiblement pas totalement revenu à son meilleur niveau. Trop statique dans ses prises de balles, il n'a jamais été en mesure de faire la différence lorsqu'il était supposé être à la baguette. Pas encore totalement remis physiquement ? Sans doute. Le milieu offensif de 21 ans n'a pas encore retrouvé le coup de rein qui lui permettait de faire la différence dans les un contre un. touches Lemar     passes Lemar

Privé d'axe par un bloc adverse bien regroupé, Thomas Lemar s'est contenté d'un côté gauche trop stérile dans les courses et combinaisons pour destabiliser l'adversaire. Par la passe - qui constitue habituellement l'autre de ses grandes forces - le Monégasque n'a pas non plus trouvé la faille et a beaucoup moins joué vers l'avant qu'à l'ordinaire. 

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Ce que vous n'avez peut-être pas vu : la victoire de Conceiçao

La vitesse imprimée par Monaco en début de rencontre a eu l'effet d'un trompe-l'oeil. La formation de Sergio Conceiçao, qui a d'abord fait le dos rond, a globalement maîtrisé la situation pendant 90 minutes. Si elle a essuyé quelques occasions, la densité de son milieu de terrain et le travail de sape de Danilo et Herrera ont annihilé une très grande partie des situations monégasques. Le bloc bien regroupé et compact sans le ballon de Porto, la rigueur des excentrés et le repli des attaquants qui évoluaient dans un 4-4-2 jamais vraiment mis en place dans la réalité ont permis aux visiteurs de contrarier tous les plans de Leonardo Jardim. Privé de sa vitesse en contre, Monaco a déjoué face à un adversaire sérieux, tactique et efficace, à défaut d'avoir été brillant dans le jeu.

La statistique à retenir : 14

Monaco était invaincu à domicile en phase de poules de la Ligue des champions depuis 14 matches (11 victoires, 3 nuls). Le FC Porto est la première équipe depuis les Rangers en septembre 2000 à venir à faire plier le club de la Principauté chez lui.

Julien Quelen, au Stade Louis II. 

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